Deuxieme semaine a Golden

Cette semaine pas de grand changement, je jardine, je desherbe et j’aide pour le lodge…
Je crois avoir compris ce que font mes hôtes pour survivre, en dehors du lodge bien sur : ils vendent du bois. En effet, comme beaucoup de canadiens, ils possèdent un patrimoine foréstier, soit 750 hectares, qu’ils vendent par petit bout. Mais ils essayent de le faire de façon raisonnable (pas comme certain, allez faire un tour en Abitibi!) en fonction de l’âge de l’arbre et de l’emplacement. Et de toute façon le marché bat un peu de l'aile à cause de la crise économique aux Etats Unis (ben c’est pas vraiment le moment de se construire une maison là bas!).

(Loren en train de nettoyer sa foret)

Ce qui me permet de rebondir (héhé) sur un sujet assez recurant au Canada, et particulierement au Québec : L’exploitation forestière . Pour ça je vous conseille vivement le film "L’erreur boréale". C’est un documentaire de Richard Desjardins et Robert Monderie datant de 1999. Il dénonce les coupes à blanc effectuées par les grandes exploitations forestières, dans le nord du Québec. A sa sortie, le film a provoqué un veritable séisme au sein de la population… le gouvernement a même du, pour calmer les foules, commanditer une enquête afin de vérifier le bien fondé du documentaire! Et pendant ce temps là, les compagnies forestières continuent le massacre…


Pour l’histoire, le gouvrenement du Québec commenca à accorder des autorisations de coupes aux anglophones (c'est à dire les américains etats-uniens), au début du 19eme siècle. Ces entreprises embauchèrent des cultivateurs francophones qui n’arrivaient pas à survivre avec leur pauvres récoltes (Tient c’est une chanson des cowboys ça!). L’industrialisation du 20eme a principalement reposé sur l’exploitation forestière. Dans les années 50 et ce jusque dans les années 70, le Québec etait le plus grand producteur de papier… ben tient! C’est à ce moment que quelques uns ont tiré la sonnette d’alarme, mais en vain bien sûr car on était alors en plein dans l’âge d’or de la société de consommation… (et ce n’etait pas fini) et que personne n’en avait que foutre! Puis arrive le documentaire en question…
… qui denonce non seulement la quantité de bois coupé mais aussi la façon de le faire. En effet, la coupe à blanc est la manière la moins onéreuse pour les compagnies forestières et on comprend pourquoi en voyant ces machines du diable qui rasent tout sur leur passage.
L'autre probleme est qui faut environ 25 ans pour que la forêt arrive à se régénérer. Depuis les années 90, le Gouvernement du Québec oblige les industriels à replanter des arbres (c'est "le planting" qui attire de nombreux étudiants québécois pendant les vacances car trés payant mais un peu flippant puisqu'on se retrouve à planter des arbres dans des régions inféstées d'ours noirs et de grizzlis, brrrr) sans qui n’y ait de veritable controle! Du coup, ils ne le font pas obligatoirement bien. De plus, les arbres replantés sont tous de la même espèce et à la première maladie, bingo, ils sont tous morts!


Le vendredi, direction le supermarché (pour une fois) et là sur qui je tombe! Seb et Christine, mes potes de Montréal… Ha ben le monde est petit des fois! Ils m’invitent illico à venir partager deux jours de visite dans le parc national Yoho… et ça tombe bien parce que justement c’est le week-end et le week-end on travaille pas quand on est woofer… classe!
Les détails réglés, on rentre à la ferme où nous attend une nouvelle woofeuse : Rebecca, 19 ans, habitant Montreal mais dans le quartier anglophone (ben oui c’est une anglophone de Nouvelle Ecosse!)… les anglophones se regroupent dans les quartier Est de Montréal pour ceux que ça interesse! Cette dernière vient de terminer sa première année de CEGEP et a decidé de se faire un petit marathon woofing à travers le Canada, et saute de fermes en fermes toutes les semaines!


Le Parc national Yoho.


Samedi matin, c’est partit pour le Parc.
Le Parc National Yoho est un des 41 parcs du Canada (Faut avoir une bonne carte de crédit pour tous les visiter). Il faut s’enregistrer à l’entrée du Parc (meme si personne ne controle quoi que ce soit)… le tarif pour une journée est de 9 $/CAN ou sinon vous pouvez acheter un pass valable un an pour le prix de 140 $/CAN par vehicule pour l’ensemble des parcs.
Premier arrêt ou "attractions" , les chutes de Wapta, accessibles aprés une petite marche de 30 minutes. Je m’aperçois que mes deux compères se sont plutot bien documentés sur la faune locale et particulierement sur les ours. Voici donc quelques conseils (on rigole pas avec les ours, Tabarnouche) si vous êtes confronté a l’un d’entre eux… tous ces petits conseils sont d’ailleurs regulièrement répétés un peu partout sur les panneaux.


(les chutes Wapta)


Que faire face a un ours?


Avant toute chose, il faut bien faire attention aux endroits où il y a des baies car les ours en rafolent. C’est le moyen aussi de reconnaitre la crotte d’ours : y a pleins de baies dedans… si par exemple elle est bien fraiche, fuyez!


De nombreuses brochures sont distribuées un peu partout, ainsi que tout pleins de panneaux (histoire de bien vous faire peur). Voici donc les précautions à prendre si vous voyez un ours (je doute que ca vous serve, peut être dans les pyréenees, si toutefois les quelques rescapés sont encore en vie). Il faut savoir qu’un ours c’est pas trop méchant a quelques exceptions prés : si vous le surprenez, si c’est une maman qui protége ses petits (Hou ben là je parie pas tres cher de votre peau), si il sent de la bouffe, si il s’est habitué a la presence humaine (dans ces cas la, les gardes forestiers n’y vont pas par quatre chemins, c’est une balle dans la tete directe).
Sur les brochures, qui ressemblent plus à des manuels de jeux videos, vous pouvez donc lire les recommandations suivantes :


Parcs Canada recommande de transporter un vaporisateur à gaz poivré en tout temps. Le meilleur moyen de vivre en sécurité au pays des ours consiste encore à éviter tout contact avec eux. (facile à dire)


Pour eviter l’ours, il faut donc crier (ce que fait tres bien Seb d’ailleurs tous les 100m) ou parler fort, ou chanter, bref faire du bruit. Certains recommandent de porter des petits grelos sur soi… mais c’est completement inutile car l’ours ne peut pas les entendre… alors à part être ridicule, ou passer pour des chevres!
Toujours se déplacer en groupe.

Si vous etes tout seul et ben tapez l’incruste dans un autre groupe, ca peut être sympa (sauf si vous tombez sur des americains qui vous racontent leur vie).


Si toutefois vous avez la malchance d’en croiser un, il est vivement recommendé de :
1- Demeurez calme, y a rien d’alarmant encore.

2- Prenez votre vaporisateur à gaz poivré (Ce qui induit que vous en avez acheté un auparavant).
3- Parlez à l'ours, c’est votre ami.

4- Éloignez-vous lentement à reculons mais surtout ne pas partir en courant parce qu’apparement un ours ca va aussi vite qu’un cheval (bigre) et ne pas grimper à un arbre surtout, parce qu’il doit monter mieux que vous…


Si malgré tout ca l’ours vous saute dessus, vous avez plusieurs possibilités :

1- Servez-vous de votre vaporisateur à gaz poivré, nom d’une pipe (en faisant attention au sens du vent quand même, ça serait con de perdre un oeil dans cette situation)

Ou 2- FAITES LE MORT! (en sachant que la plupart du temps cette technique ne marche pas parce que l’ours vient aussitôt vous bouffer les orteils pour savoir si vous êtes comestible!). D’ailleurs il est recommandé de trouver une autre parade aprés deux minutes, et si il ne vous a pas arraché déjà une jambe, car à cet instant l’ours ne cherche plus a se défendre mais cherche un bon bifteck… et là c’est une autre histoire!

A cet instant plus de doute possible, l’ours vous cherche des noises, alors il faut passer à l’attaque
Vaporisez l’ours de gaz poivré si vous ne l’avez toujours pas fait, bigre.
Et DÉFENDEZ-VOUS avec tout ce qui vous tombe sous la main! Sac à dos, chaussures, la bombe de gaz qui n’a pas marché (au moins elle aura servit à quelquechose)! Parce que là l’ours veut vous bouffer!


En conclusion, porter toujours une petite bombe de poivre sur vous, braillez tout au long de la marche et surtout ne deguerpissez pas comme un lièvre sous peine de finir en civet.


Aprés ces petites informations fort instructives nous voilà paré pour la prochaine étape : Le lac Emerald, qui est l’un des plus beau de la region… aprés le lac Louise selon les guides touristiques. Bien qu’apparement on trouve plus de touristes que d’eau au lac Louise.
Arrivée au lac, je reste sans voix. La couleur de l’eau est impressionnante. Il faut dire aussi qu'on a une chance monstre parce qu’il n’y a pas l’ombre d’un nuage plein de pluie dans le ciel. Mais d’ailleurs qu’est ce qui donne cette couleur bleu turquoise a l’eau? Seb me repond "Ben c’est les mineraux presents dans l’eau qui reflètent certaine couleur de la lumiere". Ha bon?
Petite marche de 5,2 km autour du lac (ça va! c’est plat!) puis direction le camping.




Les campings dans les parcs nationaux fonctionnent plus ou moins de la même façon. Il n’y a pas d’accueil, chacun doit trouver un emplacement de libre et glisser l’argent dans une boite prevu a cet effet à l'entrée. Il y a rarement de douches, et le confort se limite à des toilettes sèches et un voir deux lavabos… de toute maniere il est conseillé de puer le plus possible pour les ours! L’emplacement coute 17,5 $/CAN (ça c’est de la precision).
Aprés une bonne petite soirée un peu arrosée et un bon mal de crâne, nous voilà partit pour le sentier Iceline de 20 km (je commence deja à transpirer).


Au depart de l’ascension, rencontre avec Julien, 18 ans, qui se tape des randos tout seul dans la montagne avec son gros sac a dos de 20kg, sa bombe à poivre et ses deux manches à balai qui lui servent de baton… il s’empresse de se joindre a nous… par peur des ours et des américains!
Et c’est parti pour l’ascension! Le paysage est magnifique, voilà des photos pour vous faire saliver…











(un inukshuk, c'est un empillement de pierre fait par les inuits, on en trouve encore en masse dans les montagnes... bien que certain soit construit par les promeneurs!)



(Le jeune et son sac, Seb et Christine)



Le seul qui a l’air un peu frustré c’est Seb qui ne peut plus tester ses cordes vocales par peur de passer pour un con… mais avant il s’est bien assuré qu’on était suffisament armé en cas d’attaque d'ours parce qu’ici c’est plus les mignons ours noirs mais les grizzlis : deux manches a balai pour crever les yeux de l’ours, deux bombes à poivre pour le gazer et si ça suffit pas : le sac a dos du jeune! Ouf!


En descendant, un petit tour vers les chutes Takakkaw en face du sentier Iceline.

(les chutes Takakkaw, Seb, Christine et la bombe à poivre)


Retour a la ferme dans la soirée. Apres consultation du site internet du Parc, il s’avère que le mammifere que l’on trouve en masse dans le parc est la chevre des montagnes…

1 commentaire:

Jojo a dit…

Coucou,

J'ai beaucoup ri en lisant ton resume du petit manuel de defense contre les ours:-) En tout cas les paysages sont superbes,ca donne vraiment envie.
Je sais deja ou je vais passer mes prochaines vacances!!
A bientot, take care.
Bisous